Les gendarmes, au plus proche des gens

Les forces de l’ordre sont souvent décriées par une partie de la population et régulièrement attaquées par les voyous et l’extrême-gauche. Malgré cela, un corps plaît toujours aux Français : la gendarmerie. Les hommes en bleu sont plébiscités par la population. Explications.

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« Les gendarmes sont souvent plus appréciés que les policiers, c’est l’esprit militaire qui fait la différence » explique Paul* un élève officier dans la gendarmerie passé par le PSIG. La gendarmerie issue de nos anciens « gens d’armes » sont souvent plébiscités par la population. Les hommes à l’uniforme bleu n’échappe pourtant à aucuns surnoms comme les poulets ou les schtroumpfs. Rattaché au ministère de l’intérieur de puis la réforme de Nicolas Sarkozy, ils étaient autrefois rattachés au ministère de la défense. La grande différence entre les policiers et les gendarmes est que ces derniers sont militaires. « On a un peu moins de moyens pour les mêmes missions, mais c’est surtout la méthode qui diffère » raconte Paul. La gendarmerie couvre souvent les zones rurales, à par de rares exceptions, tout ce qui compte moins de 10 000 habitants est en zone gendarmerie. Elle est présente sur 95% du territoire, et des réseaux routiers elle gère 50% de la population.

Un maillage territorial au coeur du dispositif

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Le maillage territorial, établi depuis le XVIème siècle, se fait en fonction du principe de subsidiarité. C’est-à-dire qu’il y a une autorité centrale qui lance les grande orientions et que le pouvoir réel s’échelonne vers le bas. Concrètement, la Direction Générale (DG en jargon) est à Maison-Alfort et gère tous les problèmes administratifs principaux, ainsi que la distribution des moyen en coordination avec le ministère de l’intérieur. Puis, vient les régions de gendarmerie, aujourd’hui au nombre de 22, elles vont passer à 15 avec la réforme. Ensuite des groupements de gendarmeries, qui correspondent à un département, ensuite divisé en compagnie, présente dans les très grosse ville et dans les sous-préfecture. Dans de rares cas, des brigades autonomes qui correspondent au deux tiers d’une brigade sont présentes dans les villes importante ou les grandes régions rurales, au nom du regroupement de moyens. Ce maillage permet au gendarmes d’avoir une accroche territoriale forte et une proximité avec ses concitoyens. Une forme d’explication à la notoriété des gendarmes.

L’esprit militaire ancré dès l’école 

Pour être officier dans la gendarmerie, il faut d’abord passer des tests d’aptitude intellectuelle, morale et physique. En France, il y 5 écoles, les élèves sont repartis en fonction de leur classement dans toutes les écoles, notamment celles de Tulle et de Chateaullin. Pour cela, il y a deux formations, une externe, l’autre interne. La formation externe peut se passer n’importe quand alors que pour la formation interne, il fait avoir au moins un an de gendarmerie ou être militaire. La formation interne se déroule sur six mois. Les deux premiers mois sont des mois de formation militaire pure et dure. Ramper dans la boue, se lever à 3h du matin pour courir avec 40 kilos sur le dos sont le quotidien de ces futurs défenseurs de la loi. Puis des formations de police judiciaire et de sécurité routière sont de mise. Pour les externes, c’est 8 mois de formation dont 4 mois de formation militaire. Au bout desquels sera délivrée la CME, Certification Militaire de Combat.

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A la fin de la formation, un grand bivouac est organisé avec la répartition fans les 3 forces de la gendarmerie. «Cela créé des souvenirs inoubliables » assurent certains officiers passés par là. Ils seront ensuite répartis soit dans la garde républicaine, dans la gendarmerie mobile ou dans la gendarmerie départementale. Sur les 127 places, 60 sont pour la gendarmerie mobile, 10 pour la garde républicaine et le reste pour la gendarmerie mobile. Les affectations se font en fonction des souhaits de l’élève ainsi que de ses résultats.

Aimée même jusque chez les voyous 

« On avait arrêté un gros mafieux lorsque j’étais en poste. On l’avait amené en cellule, il était surveillé par des gendarmes armés de pistolets mitrailleurs, il pouvait y avoir des hommes ui auraient voulu le sauver. Bref, ce n’était pas marrant. Sauf que le type nous a pris en amitié et finalement il payait des pizzas à toute la brigade. Lorsque son avocate est venue, elle a cherché une faille dans son arrestation pour mettre un vice de procédure dans son procès. Lui a répondu que ça allait très bien parce qu’il était avec les gendarmes ». raconte Paul, ancien membre du PSIG, service d’intervention de la Gendarmerie Nationale. « Nous, on est les premiers à rentrer dedans si il le faut, mais dès qu’il s’agit d’être « règlo », c’est bon, c’est vraiment ça l’esprit militaire » explique-t-il. Pour lui, c’est ce qui explique la grande popularité des gendarmes auprès de la population et la crainte qu’elle inspire aux voyous. La rigueur militaire, ainsi que la formation de combat font des ces Hommes des défenseurs de la loi hors pair. « Quand on emmène des gens au tribunal, neuf fois sur dix, ils préfèrent que ce soit la gendarmerie » lance, malicieux, Paul.

Un esprit qui plait également aux mairies 

Cet esprit plaît également aux maires qui souhaitent, surtout dans les petites villes, ne pas avoir la police. « Il faut reconnaître qu’on est plus accommodant comme on est pas fonctionnaires, on a pas de syndicats, c’est l’armée et ça plait » confie un officier de gendarmerie. La police nationale qui est présente dans les villes de plus de 20 000 habitants effectue le même travail que la gendarmerie, sauf que les gendarmes au titre de militaires ne peuvent pas manifester, ni se mettre en grève et n’ont pas de syndicats. La police municipale, elle, dépend du maire et est employée par la mairie. Elle ne peut intervenir qu’en cas de flagrant délit et ne fait que du travail de police administrative. Elle a néanmoins, un pouvoir dissuasif et elle rassure la population. Il peut y avoir la police municipale dans toues les communes. Certains villes passent, malgré leur taille, en zone gendarmerie pour les raisons évoquées ci-dessus. « La différence également entre la police et nous, c’est qu’on a un peu moins de moyens même si ça commence à changer depuis les attentats » rapporte cet officier de gendarmerie.

Un peloton de choc, le PSIG

Ecusson du PSIG.
DR : Destockage surplus Armee sur Bordeaux

Le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) est une unité particulière. Créés en 1975 pour lutter plus efficacement contre la délinquance en soulageant les brigades départementales, ils ont des missions qui diffèrent de la gendarmerie traditionnelle. Le but est d’utre plus présent sur le terrain notamment la nuit et de privilégier le flagrant délit. Ils peuvent aider les brigades de gendarmerie départementales sur certaines missions, et peuvent intervenir dans des lieux sensibles qu’ils soit civils ou militaires. « Il y a plus de patrouilles dans les quartiers chauds, et on est surtout en renfort dans les brigades » explique un ancien membre. Pour y rentrer, il faut avoir une expérience dans le domaine militaire et aimer le sport et … la bagarre. « On aide les gendarmes quand ça castagne, c’est un rythme de vie épuisant parce qu’on combat souvent le crime, mais les types ne sont pas toujours condamnés » poursuit-il. Beaucoup d’entraînements sportifs sont au rendez-vous. Ils font souvent des interpellations à 6h du matin, mais si il y a un trop grand risque, c’est le GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale). « On patrouille 4 heures, parfois ça bouge, d’autres fois non et c’est long parce que souvent on patrouille de nuit sur les heures ingrates. La fin de semaine est souvent plus animée, mais le jeudi soir également. C’est différent encore, les soirées étudiantes ne se finissent que rarement mal mais il faut être vigilant ». Ces pelotons ont été déployés sur tout le territoire, ils sont devenus une force de frappe non négligeable contre la délinquance et assure souvent la sécurité de leurs concitoyens à des heures ingrates.

Les PSIG Sabres, une nouvelle réponse au terrorisme

Les PSIG sont en soutien des  brigades sur toutes les circonscriptions, mais depuis les attentats, une nouvelle unité a été créée, les PSIG Sabre. Depuis le 1er Janvier 2016, des peloton ont été progressivement installés dans toutes les circonscriptions de gendarmerie. Le constat est simple. Les tueries de masses vont se developper encore, il faut donc des unité mobilisable rapidement et

PSIG Sabre.
DR : L’Alsace

simultanément sur tous les coins du territoire pour faire face. Si il y a des attentats simultanés à différents endroits, la BRI, le RAID et le GIGN ne pourraient être partout à la fois. Le gouvernement a donc créé les PSIG Sabre qui sont mobilisables en 20 minutes sur tous les pans de notre pays. Pour cela, des moyens ont été alloués. Le gouvernement a donné de nouveaux véhicules, des armes de guerre, autrefois ils n’y en avaient pas. Ils sont armés soit de 5,56, soit de FAMAS, et équipés de gilets pare-balles qui peuvent arrêtés des balles de 5,56. Dans ses rangs, plus de sous-officiers, plus d’instructions. Il y a au moins, un groupement par circonscription. Mais les effectifs sont évidemment répartis en fonction des risques et des possibilités d’attentats.

Les brigades de contact, dernier lien entre l’Etat et peuple dans certains endroits

Afin de retisser le lien entre population et force de l’ordre, la gendarmerie a décidé de créer des Brigades de Contact. Concrètement, ces brigades sont déchargés de certaines charges pour qu’ils puissent se concentrer sur des missions de police judiciaire ou administrative et qu’ils aillent voir les gens notamment dans les zones rurales les plus isolées. Le but est également de privilégier le renseignement de terrain. Dans ces bourgs et ces villages qui font l’âme de notre pays, l’Etat souvent n’est plus là, la Poste est partie, la clinique, le curé ou le médecin, les gendarmes veulent réinvestir le terrain. D’ici jusqu’à août, dans 24 départements seront mis en avant ces brigades qui ne devront pas gênés le travail des 3 111 brigades de gendarmerie établies sur le territoire. Des nouveau équipements informatique seront également mis à disposition.

Les gendarmes, héritiers d’une longue tradition, ont aujourd’hui un prestige auprès de la population qui n’est pas négligeable. L’heure est à la détestation de la police et des forces de l’ordre en général, mais les hommes en bleu en sont exempts. Peut-être parce qu’ils incarnent cet idéal de justice, de respect et de défense de valeurs.

Amaury Coutansais-Pervinquière

* Le prénom a été changé

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