Pourquoi les gens n’aiment pas le foot ?

Ce soir, le Paris Saint-Germain se déplace à Barcelone pour une rencontre déterminante pour son avenir et celui du championnat français. A cette occasion, une grande partie de la France sera derrière les Parisiens. Toute ? Non ! Si la France a son lot de supporters de football, de plus en plus le délaissent. Pire, ils méprisent ce sport qui, depuis de nombreuses années, a perdu son image populaire pour devenir un symbole d’argent, de triche et de beaufitude.

Il n’y a pas que le parti républicain qui perd des adeptes avec le temps. Le foot, sport populaire par excellence, jouissait il y a encore quelques temps d’une solide réputation. La génération « Black-blanc-beurre » de 98 avait rapproché les peuples. Zinédine Zidane était la figure de proue d’un sport honnête, fier et capable de provoquer toutes sortes d’émotions. 2017, soit 19 ans plus tard seulement, le football trempe dans de nombreuses affaires judiciaires. Son image s’est écornée. Les valeurs de respect véhiculées disparaissent, pour laisser place à l’apologie de la triche. Mais quels critères, quels faits ont provoqué la déchéance du ballon rond ?

Crédits : L’Equipe

Argent, insultes et petites natures

En France, le football a basculé dans une nouvelle ère en 2011, par le biais de l’arrivée du Qatar dans son paysage. Les nouveaux propriétaires du Paris Saint-Germain arrivent avec énormément d’argent. Pour les supporters, c’est l’extase. Cet argent attire de grands noms du football européen au sein du club de la capitale. Mais pour les autres, ce même argent pourri le club et le pays. En France, parler d’argent est tabou. En avoir aussi. Bien vite, le PSG est considéré comme un club vide, sans âme, qui ne vit que par et pour l’argent. Pour eux, le club n’est même plus français. Et tant pis si d’autres clubs ont eux aussi un propriétaire d’origine étrangère. Ils ne sont pas aussi riches, et ne dérangent pas autant. L’Olympique de Marseille et le Losc, récemment rachetés par un américain et un luxembourgeois, en sont les parfaits exemples.

C’est cette même France qui a vu ses joueurs changer. Exit Zidane, Juninho et autre Pauleta, footballeurs modèles et calmes. Bonjour Anelka, Ibrahimovic et Aurier. Le premier cité est connu pour avoir insulté son sélectionneur, Raymond Domenech, durant la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Quelques jours plus tard, les bleus faisaient grève pour protester contre son éviction du groupe. « Comment des footballeurs surpayés osent faire grève ! »peut-on entendre dans les rues. On revient toujours à cette histoire d’argent.

Serge Aurier, lui, est connu pour avoir insulté son entraîneur de l’époque, Laurent Blanc (champion du Monde 1998 au passage), sur le réseau social Périscope, il y a un peu moins d’un an. L’ivoirien est un symbole des joueurs issus de milieux souvent défavorisés, pas prêts pour ce monde d’argent et de Show-Biz. Ces mêmes jeunes souvent mal entourés, qui ne se rendent pas compte de leur notoriété (Hatem Ben Arfa, Dimitri Payet).

Enfin, Zlatan Ibrahimovic. L’ancien parisien a animé les foules pendant ses quatre années passées dans la capitale. Il a agité la France durant son escale parisienne, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. S’il était connu pour ses record de buts, le géant suédois l’était aussi pour ses déclarations provocatrices. Beaucoup se rappellent du fameux « France, pays de merde », lâché un soir de défaite à Bordeaux, en Mars 2015.

Crédits : welovebuzz.com

« Regarde-moi ces lopettes ! »

Si les puristes du football le défendront comme un sport social, certains n’y verront qui triche et corruption. Si le milieu n’est pas le plus « pourri » par le dopage (officiellement du moins), il subit depuis quelques années des affaires de corruption. Citons ici Sepp Blatter et Michel Platini, respectivement ex-président de la FIFA et ancien joueur modèle de l’équipe de France, devenu président de l’UEFA, tout deux impliqués dans des affaires louches. Pas cool pour l’image du ballon rond que de voir ses deux représentants majeurs considérés comme des escrocs. Vous avez dit « politiciens » ?

A une échelle plus réduite, le club de Nîmes a commencé sa saison 2015-2016 avec huit points de moins à cause d’une sombre histoire de corruption. Enfin, dans le désordre, d’autres facteurs ternissent l’image du football : Les joueurs qui s’effondrent au moindre contact, ceux qui refusent de jouer et préfèrent se contenter de défendre en permanence, les boucher de terrain, les joueurs qui ne savent pas enchaîner trois mots ou qui se contentent de citer les mêmes phrases en boucle.

Et que dire de certaines légendes du football, construites sur de la triche : « La main de Dieu » de Diego Maradona en quart de finale de coupe du Monde 1986. La main de l’attaquant barcelonais Luis Suarez en quart de finale de coupe du Monde 2010, celle de Thierry Henry contre l’Irlande en 2009. Les puristes diront que ces faits ont créé la beauté du sport. Les autres que la vidéo se fait un peu trop attendre. Quoiqu’il en soit, le football reste le sport simple par excellence, et personne ne pourra enlever les moments incroyables véhiculés par ce sport. Pour peu qu’il prenne le temps de se soigner.

Antoine REICHARD

Crédits image à la une : Dépêche du Midi

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