[Reportage] Vague de fatigue chez les tatoueurs !

Véritable accessoire de mode, le tatouage se démocratise. Art millénaire, il est aujourd’hui mainstream et tend à séduire de plus en plus le grand public. Un véritable effet de mode qui ne laisse pas toujours sa place à l’originalité, et ce au grand dam des tatoueurs.

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Surbookés, ultra sollicités, les tatoueurs sont fatigués ! Dans les rues adjacentes à la place du Châtelet, les salons de tatouage pullulent. American body art, Magic Circus, ou encore Gevy sont les franchises qui se disputent le marché de l’encre indélébile 365 jours par an. Chacun des tatoueurs de la zone propose des modifications corporelles allant du tatouage au piercing, en passant par les tongue splits, à des prix variant de 80€ la petite pièce jusqu’à 1000 pour la fresque dorsale aux multiples détails. 

Ouvertes dès 10h pour certaines, 11 pour d’autres, ces boutiques accueillent au quotidien des dizaines de personnes désireuses d’orner leur corps d’un bijou ou d’un dessin indélébile. Le métier requiert rigueur et minutie, pourtant dans les salons qui prennent sans rendez-vous, le tatouage a des airs de travail à la chaîne. Dans une boutique Gevy, qui fait face aux Halles, un grand hipster au costume écossais, à la barbe touffue et aux moustaches ondulées s’avère être le tatoueur. Recouvert de l’arrière des oreilles jusqu’aux pieds, un petit pac-man à l’encre rouge s’agite sur sa main alors qu’il se plaint de la redondance de ces questions bateaux qui alimentent son quotidien:

« Oui les tatouages sont douloureux, oui les femmes sont les principales clientes, non vous ne pouvez pas vous faire tatouer si vous avez moins de 18 ans, et encore moins si vous avez un coup dans le nez. Les motifs qui reviennent, tout le monde les connaît. Il suffit de chercher sur Google. Je préfèrerais largement raconter l’histoire du tatouage. »

L’originalité sur le déclin

Attrape-rêves, plumes, infini, fleurs et chiffres romains sont les motifs phares de ces dernières années, au grand dam des tatoueurs. Ces artistes de rue formés sur le tas, éventuellement passés par un stage d’hygiène de trois jours, vouent une véritable passion au tatouage et déplorent le nombre de fois dans la journée où ils doivent décalquer une ancre, un pissenlit ou des oiseaux en plein envol. Des tatouages comme on en voit partout, « bons pour les nénettes sur Instagram », bouclés en 15 minutes.  Un crève-coeur pour ces amoureux du dessin indélébile, qui voient, jour après jour, leur créativité et leur engouement régresser à mesure que l’originalité des demandes s’amenuise. 

Alyo

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