[Reportage] Le sport adapté peu connu du grand public

Après les Jeux paralympiques très médiatisés, comment se déroule la vie quotidienne des sportifs handicapés ? Philippe Bertrand, trésorier du Comité départementale du Var du Sport adapté (CDSA 83), revient avec nous sur le parcours de ces associations sans qui rien ne serait possible.

Fédération française du sport adapté / Crédit photo : CDSA83
Fédération française du sport adapté / Crédit photo : CDSA83

Un manque de reconnaissance. « Le sport adapté n’a pas été assez représenté par rapport aux licenciés d’Handisport ». En effet, l’Handisport a pris le dessus sur le sport adapté durant les Jeux paralympiques de Rio. Mais quelle est la différence entre les deux ? Simple. L’Handisport ne concerne que les handicapés moteurs tandis que le sport adapté se consacre aux personnes atteintes d’un handicap mental.

Un retour à la réalité toujours plus compliqué

11 jours dans un monde rêvé. Voilà ce qu’offre les Jeux paralympiques aux sportifs et à leurs associations. Mais le retour à la réalité est plutôt difficile.

« Une fois la compétition finie, les sportifs reviennent dans leur club pour travailler encore plus dur, être toujours plus fort ».

Certes, on parle énormément des Jeux Paralympiques sauf que la liste des compétitions ne se limite pas à ça. Loin de là !

Pour devenir sportif de haut niveau, beaucoup sont passés par des associations. C’est le cas de Tessa Marcos, nageuse aux Jeux paralympiques. Triple médaillée de bronze et médaillée d’argent aux Championnats d’Europe de Natation Sport Adapté, elle a grandi dans le CDSA 83.

Une association basée sur la découverte

Créée en 1991, seuls le chargé de développement et la secrétaire du CDSA83 sont rémunérés. Mais 50 bénévoles donnent de leur temps pour rendre la vie des handicapées un peu plus belle. Dans cette association, aucun risque n’est pris.

« Les handicapés sont pris en charge par des éducateurs spécialisés dans le sport adapté. L’encadrement permet donc à ces personnes de jouer au rugby par exemple en toute sécurité. La règle est simple : pas de plaquage mais un simple touché ».

Le CDSA83 organise ainsi des compétitions, des tournois et participe à des championnats départementaux, régionaux voire même nationaux ! « D’ailleurs, le 9, 10 et 11 juin prochain se tiendra le Championnat de France de pétanque à l’Espace 3000 d’Hyères ». Et oui, tout les sports sont mis à l’honneur : VTT, randonnée, badminton, équitation, ping-pong, bowling, tir à l’arc, natation…

100 % bénéfique !

Le sport adapté permet d’offrir à toute personne handicapée la possibilité de vivre sa passion, encadrée par un personnel qualifié pour le faire évoluer en toute sécurité.

D’une part, le sport leur permet d’obtenir un sentiment de « normalité », d’être comme les autres. D’ailleurs le CDSA83 organise des compétitions entre des handicapés et des personnes valides. « Et pas question qu’une équipe laisse gagner l’autre ! Les accompagnateurs leur apprennent aussi à perdre, ce qui fait partie du jeu ». Souvent isolés, ces personnes handicapées voient donc dans le sport un véritable exutoire.

D’autre part, l’activité sportive est 100% bénéfique sur leur santé. Attirés par la nourriture et les sodas, cette remise en forme leur est quasi vitale. Coordination des mouvements, habilité, précision du geste, meilleure hygiène de vie, élargissement des capacités de communications et interactions positives avec les autre… Tant de choses qui leur permettent d’avancer dans la vie.

Le problème ? L’argent. Faire vivre une association devient de plus en plus difficile aujourd’hui. Cotisations, subventions de la mairie, CNDS, sponsors… Tout les moyens sont bon pour récupérer un peu d’argent. Le matériel nécessaire au déplacement et au bien être des handicapés n’est pas donné. Alors il faut économiser pour proposer des nouveautés en évitant tout danger possible. Une vie remplie d’amour, donc, mais pas facile tout les jours.

Axelle Garcia-Davenne

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