[Reportage] La génération Z et l’élection présidentielle

Ils sont nés en 1995, 1996, 1997… Ils incarnent la génération Z et tous voteront aux élections présidentielles pour la première fois cette année. Qui sont-ils ? Que pensent-ils du monde politique ? Reportage.

« A voté ». Beaucoup d’entre eux entendront cette phrase pour la première fois en avril prochain. La génération Z, c’est-à-dire les enfants nés entre 1995 et 2002, connaîtront leur première élection présidentielle dans la peau d’adultes. Née après la chute du mur de Berlin en 1989, pendant les attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001 et avant le Printemps arabe de 2011, la génération Z se façonne à travers les révolutions, aussi bien politiques que technologiques. Leur enfance ? Ils l’ont construite à la lueur des écrans, mais également sous la peur du terrorisme. Devenue majeure, cette génération est aujourd’hui en droit de voter. Mais que pensent-ils du monde politique qui les entoure ?

Une mauvaise image de la politique

Tous pourris ? Selon un récent sondage, 9 Français sur 10 ont une mauvaise image des partis politiques. Et chez les plus jeunes, le constat est encore plus édifiant. 99% d’entre eux considèrent que les hommes politiques sont corrompus. Les affaires Strauss-Kahn, Cahuzac ou encore Fillon y jouent notamment un rôle.

« Quand j’ai appris l’affaire Fillon, j’ai trouvé ça bien triste pour notre pays, mais ça ne m’a pas réellement étonné. C’est ça le pire ! » regrette Zoé, 20 ans.

Pour Gatien, 21 ans, « François Fillon n’est pas le seul, on le sait tous que les politiciens ont d’énormes privilèges et qu’ils en profitent ».

Convaincre la jeunesse actuelle ne s’apparente donc guère à un jeu d’enfant pour nos politiques. Corentin, 22 ans, est cuisinier et n’est pas vraiment intéressé par la politique.

« Je suis les grandes lignes sur Internet, histoire de ne pas rester dans ma grotte, mais la politique ne m’intéresse pas réellement. J’ai l’impression que c’est un monde d’incompétents. » déclare Corentin.

Entre mauvaise image et désintérêt, la génération Z ne porte guère dans son cœur la politique. Pourtant, cette année, l’élection présidentielle n’a jamais semblé aussi indécise, et cette génération pourrait bien faire pencher la balance d’un côté, plutôt qu’un autre…

 

« Voter, c’est un devoir ! »

Si les plus jeunes n’apprécient pas forcément le monde politique, ils ne sont pas pour autant dénués de conscience politique.

« Voter, c’est important ! Il faut être concerné par la politique et avoir sa propre opinion. » affirme Gatien.

Zoé, elle, étudie le droit et  se trouve actuellement à Stockholm, en Suède, dans le cadre du programme Erasmus, mais pas question pour elle de ne pas voter. « Je crois en la politique et je pense qu’il est important de s’impliquer à son échelle. Donc, évidemment, j’ai fait une procuration avant de partir pour que quelqu’un vote pour moi. » Numa, lui ira également voter, malgré quelques réticences.

« Je ne crois pas beaucoup les promesses des politiciens mais j’irai voter car c’est un devoir ! Si personne n’y va, on n’ira pas très loin » déclare Numa, 19 ans.

Pourtant les cas de Gatien, Zoé et Numa ne sont pas légion. En effet, le taux d’abstention s’élève à 52% pour les 18-25 ans. Corentin fait partie de cette moitié de jeunes qui ne veut pas aller voter. Mais le jeune homme n’exclut pas de se déplacer au second tour, par défaut.

« Si Marine Le Pen passe au second tour, j’irai voter pour éviter le pire ! » annonce Corentin. .

A l’aube de sa première élection présidentielle dans la peau d’une « grande », la génération Z affiche une méfiance à l’égard du système politique. Ils ne seront qu’un sur deux en moyenne à accomplir leur devoir civique cette année… C’est donc un réel fossé qui sépare notre jeunesse et ses gouvernants.

Paul Lauterbach

Publicités