Valley of Stars : À la découverte d’un nouveau genre de cinéma iranien

Ce mercredi 25 janvier sortira en salle Valley of Stars, un film iranien signé Mani Haghighi. Se démarquant des autres films d’auteurs iraniens, le réalisateur crée le suspens au point de perdre in fine le spectateur.

23 janvier 1965. Le lendemain de l’assassinat du Premier Ministre iranien, l’agent Babak Hafizi est envoyé par la police secrète sur l’île de Qeshm, à l’est du Golfe Persique, pour enquêter sur le suicide suspect d’un dissident en exil. Parcourant la mystérieuse vallée des étoiles accompagné d’un géologue et d’un ingénieur du son, Babak va découvrir que ce lieu renferme bien des secrets : d’un cimetière hanté à une disparition mystérieuse, le trio devra essayer de démêler mythes et réalité.

Présenté comme un polar glamour, fantastique et émouvant, Valley of Stars sort des sentiers battus.                                                                                                     « Ce n’est pas un film typique ni spécifique au cinéma iranien » assure Mani Haghighi. Et le réalisateur ne ment pas ! Ce film est un ovni.

En mêlant fiction et documentaire, passé et présent, le réalisateur surprend mais n’atteint pas sa cible. En introduisant des passages d’un documentaire et des documents d’archives au sein du film, Mani Haghighi prend le spectateur par la main afin de l’aider à comprendre l’histoire. « Il n’y a rien d’autre à l’extérieur du film qui vous donnera les clés pour le comprendre, le film à lui seul suffit »  affirme le réalisateur. Et pourtant, par ces « explications »,  le spectateur décroche. Et les bonds dans le passé au sein même de l’histoire n’arrangent pas les choses.

Un Ovni par son montage. 

Il est indéniable, Mani Haghighi a des idées, et de bonnes idées. Le film recèle de tableaux poétiques notables soutenus par une bande sonore qui fait frissonner le spectateur. Cependant, la bande sonore devient détestable. A trop mettre de sons, le film lasse le spectateur. Et cette bande sonore lasse d’avantage le spectateur lorsque son utilisation n’est pas justifiée. Pourquoi mettre du suspens là où il n’y en a pas ?! À certains moments, le film ressemble à un mauvais montage fait par un amateur. Et ce sentiment s’intensifie au vue de certains plans notamment dans la partie documentaire lorsque la caméra tremble.

Un Ovni par son histoire

Mani Haghighi avait prévenu : »c’est un grand rêve compliqué ».  C’est sans doute la phrase la plus véridique du réalisateur, même si le mot « incompréhensible » aurait été plus adapté. Le film se veut fantastique, mystérieux, mais même dans les films mystérieux, il faut pouvoir s’ancrer à quelque chose, s’identifier ou du moins ressentir une émotion ! En ne levant pas le voile, le film frustre le spectateur. Le spectateur se questionne tout le long et cela finit par le lasser. Même le dénouement reste inabouti.

Enfin, les promesses du film ne sont pas tenues. Premièrement, le film n’a rien de glamour, et deuxièmement, il est loin d’être émouvant. Le film fait voyager certes, mais ce voyage est rempli d’obstacles insurmontables. Finalement le vrai suspens et point positif dans ce film c’est que sorti de salle, le spectateur n’a toujours pas démêlé le vrai du faux dans l’histoire.

Valley of Stars, un film de Mani Haghighi avec  Amir Jadidi, Homayoun Ghanizadeh et Ehsan Goudarzi en salle dès le 25 janvier prochain.

Sarah C

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