Lucky Strike fait un tabac

Avec l’acquisition prochaine du groupe Reynolds, le cigarettier britannique British American Tobacco (BAT), propriétaire de Lucky Strike, deviendra le numéro un mondial du tabac.

En plein essor, la cigarette électronique bouscule le milieu du tabac. (Crédit photo : Reuters)
En plein essor, la cigarette électronique bouscule le milieu du tabac. (Crédit photo : Reuters)

46 milliards d’euros ! Tel est le montant astronomique déboursé par le groupe européen British American Tobacco  (BAT) pour devenir le leader mondial du tabac. C’était un projet envisagé depuis douze ans, aujourd’hui ceci est une réalité. Les cigarettiers British American Tobacco et Reynolds, respectivement propriétaires de Lucky Strike et Camel, ont conclu le plus grand mariage industriel de ce début d’année. Dorénavant, l’action Reynolds s’élèvera à 59,64 dollars. Bientôt réunis en une seule entité, les deux groupes tendent à contrecarrer les divers bouleversements propres au marché du tabac.

Un ennemi commun : la cigarette électronique

L’union fait la force. Depuis quelques années, le marché du tabac connaît une importante concentration. Les entreprises se regroupent afin de modifier de façon durable le marché. Un marché en peine ces derniers temps, et ce pour deux raisons. D’un part, la demande de cigarette est en baisse, la faute aux multiples mesures étatiques mises en place pour lutter contre les six millions de morts que le tabac entraîne chaque année. D’autre part, les cigarettiers ont désormais un concurrent de taille : les cigarettes électroniques. L’essor rapide sur le marché de ce nouveau produit contraint désormais les groupes à s’intéresser à un domaine qu’ils connaissent peu, la technologie…

BAT vise le coup double

L’effet de taille, tel est premier objectif de BAT. Le leader britannique deviendra à terme la première entreprise mondiale du tabac du monde, en termes de chiffre d’affaires et de valeur boursière. Ainsi, le groupe dépassera Philip Morris International. De ce fait, BAT pourra s’implanter solidement aux Etats-Unis, où Reynolds est numéro deux du marché, mais également dans les pays émergents, où la consommation de tabac reste en croissance. De plus, le groupe deviendra également l’un des leaders de l’e-cigarette. En comptant la marque Vuse de Reynolds, très présente aux Etats-Unis, et sa propre cigarette électronique Vype, le groupe dominera le milieu du vapotage. De quoi laisser la concurrence partir en fumée…

 

Paul Lauterbach

Publicités