2016, l’année de la singerie

Une année riche en rebondissements. Doux euphémisme pour exprimer les doubles jeux et faux semblants de nos hommes politiques. Entre étonnement surjoué et politiquement correct, cette année 2016 fut remplie de singeries.

DR : universal-soundbank.com
DR : universal-soundbank.com

1. L’année 2016 a bien commencé. Le gouvernement de Manuel Valls tente de passer en force sur la loi El-Khomrii qui prévoit une plus grande liberté pour les entreprises et pour le marché du travail. Manifestations monstres, grèves à répétition, immobilisation du pays, et casseurs, l’extrême gauche rappelle qu’elle existe encore. Mais ce qui est incompréhensible, c’est que la droite après avoir fait des ronds de jambes se dédit et ne souhaite pas voter la loi. Echéance 2017 ? Allez savoir.

2. En Espagne, les partis d’extrême gauche (Podemos) et du centre libéral (Ciudanos) ont obtenus un certain nombre de sièges au parlement, entraînant donc un blocage de dix mois pour notre voisin d’outre-Pyrénées. Il est loin le temps de Louis XIV où l’on disait « il n’y a plus de Pyrénées ».

3. Le 14 juillet à Nice, à l’heure du feu d’artifices, un forcené ayant prêté allégeance à l’Etat Islamique tue plus de 80 personnes à bord d’un camion sur la promenade des Anglais. Oh stupeur et découverte, on voit à nouveau des morts. L’Occident qui n’est plus habitué à la guerre, chose louable en soi, commence à comprendre l’ampleur de son désarmement à la fois moral et militaire. Mais pourquoi autant de surprises, ils nous avaient prévenus et avaient même donné un guide pour tuer nos compatriotes.

4. La Grande-Bretagne est de nouveau détestée par nos dirigeants. La perfide Albion a osé. Elle est sortie de l’Union européenne, malgré les cris d’orfraie des milieux économiques, de la quasi totalité de leurs dirigeants, de la commission européenne et, cerise sur le gâteau, de Barack Obama. Un vent de liberté commence à souffler sur la vieille Europe, et cela ne va pas s’arrêter là. Les dirigeants européens ont évidemment joué leur rôle d’indignation, et ont crié au racisme, à la xénophobie, à un pays rance, mais les peuples exaspérés n’en ont eu cure. Début d’une nouvelle épopée pour nos voisins d’outre-Manche.

5. En Autriche, un scénario inédit se produit. Un écologiste, Alexender van der Bellen, et un candidat de la droite radicale, Norbert Horfer, sont confrontés au deuxième tour de l’élection présidentielle. Là encore, racisme, xénophobie et autres incantations sont invoquées, mais dans le pays de Marie-Antoinette, les habitants ne s’en soucient guère. En effet, le FPÖ, dirigeant déjà nombre de villes et de provinces, il ne leur apparait pas que Horfer avec sa canne soit la réincarnation d’Hitler. Le scrutin invalidé, il sera reporté jusqu’à la victoire finale de Van Der Bellen. Victoire saluée par Horfer, un exemple à suivre ?

6. « Je ne peux plus aller aux Etats-Unis, je suis trop choquée ». Ce message et tant d’autres du même genre ont été postés sur Facebook ou Twitter après l’élection du candidat républicain, Donald Trump, comme président des Etats-Unis d’Amérique. Après une campagne ponctuée de mini-scandales, il est finalement élu. Ici encore, caricatures et autres ont été de mise. Mais la force de Trump a été de s’adresser directement aux électeurs, sans langue de bois. Une stratégie payante, renforcée par la nomination d’un gouvernement sans trop de difficultés. Encore une défaite pour ceux qu’il est de bon ton d’appeler « l’élite ».

7. Après son retour, il n’était plus comme avant. Malgré l’enthousiasme des enfants des cantines qui ont appris qu’ils pourraient avoir une double ration de frites, Nicolas Sarkozy a été battu. On annonçait déjà le match Sarkozy- Juppé, on voyait déjà Alain Juppé à l’Elysée, il devait gagner. Finalement, l’ancien président n’a pas convaincu, et termine troisième avec un François Fillon largement en tête. Un mal pour un bien ?

8. Il est l’une des plus grandes surprises de cette année, le retour du numéro 2. François Fillon a obtenu 44,6% des voix au premier tour de la primaire de la droite et du centre. A 5 point près, il était élu au premier tour. Le profil lisse, la voix assurée, et les convictions chevillées au corps, il a voulu faire un campagne sans petites phrases, l’anti-thèse de Donald Trump ou de Nicolas Sarkozy et pourtant, c’est lui que la droite a choisi. Une fois encore entre les deux tours, on a vu convoqué l’IVG, Pétain, quasiment Hitler, pour empêcher François Fillon de passer. Trop de droite sans doute.

9. Le meilleur pour la fin. François Hollande n’est pas candidat à la présidence de la République. Cette année est une année mitigée pour les François. Fillon est élu, mais Bayrou et Hollande sont finis. L’ancien Premier secrétaire du parti socialiste ne pouvait convaincre une majorité de son parti, et une majorité de Français. Il décide donc, tel le général de Gaulle, de faire la moue et de partir dignement. Malheureusement, n’est pas de Gaulle qui veut.

Amaury Coutansais-Pervinquière

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