Pardon Alep…

Je ne suis pas une spécialiste, je ne suis pas syrienne, je suis une être humain et comme chacun de nous, depuis mars 2011 je suis de plus ou moins près la révolution syrienne, ou ce qui fut perçu comme une révolution au départ.

Car oui, au départ, on nous disait que c’était des jeunes, des jeunes qui demandaient plus de libertés, qui exigeaient plus de libertés. Avec le soutien de la communauté internationale, ces révolutionnaires avaient espoir qu’un jour eux aussi allaient pouvoir se rendre aux urnes et réellement choisir leur président.

Mais pour des raisons complexes de géopolitique, Bachar Al Assad est resté au pouvoir, appuyé par Vladimir Poutine – disposant d’un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU et donc bloquant toute négociation de paix. Assad a perpétré des crimes contre l’humanité, contre son propre peuple, et ni les menaces de Barack Obama, ni les multiples demandes de cessez-le feu n’ont fonctionné. Le symbole de cet échec politique, c’est Alep. Le nom de cette ville syrienne,  au nord-ouest du pays, a inondé votre fil d’actualités, car #AlepBrûle depuis longtemps déjà.

« On apprend l’Histoire pour ne pas répéter les erreurs du passé »

Optimiste il y a deux ans, je pensais sincèrement et peut-être naïvement, qu’une issue était possible, que le peuple syrien retrouverait un jour sa maison, mais tout a changé le 19 septembre. Au réveil, le convoi humanitaire tant attendu à Alep n’est jamais arrivé, il a été bombardé, BOMBARDÉ ! un convoi humanitaire…. Face à cet effroi, ni les hashtags #Alepbrûle, ni #StopAuxBombardements n’étaient suffisants, un article partagé sur mon Facebook a suffi à exprimer mon dégoût car les mots m’ont manqué et c’est là mon plus grand regret.

Aujourd’hui je sais et j’admets que j’ai du sang sur les mains, car ce serait trop facile d’accuser tout le monde, dire que la communauté internationale n’a pas réagi, qu’elle s’est juste offusquée, mais moi qu’ai-je fais ? Si ce n’est la même chose… La situation géopolitique autour de ce conflit est complexe, je le sais bien, mais ce que je ne sais pas c’est que dirais-je à la génération suivante.

« On apprend l’Histoire pour ne pas répéter les erreurs du passé », c’est faux ! Alep en est la preuve. On a voulu éviter une guerre nucléaire et on assiste aujourd’hui impuissant à un massacre sans nom. Alep a brûlé, Assad a gagné, et une population est meurtrie à tout jamais. Pardon Alep… Ce qu’il me reste à faire et ce à quoi j’appelle : #WelcomeRéfugiés

Jamila Chafii

*Crédits image à la Une: youtube.com

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