Mon amie Cayla, la poupée qui vous espionne

Mon amie Cayla risque d’être la grande absente au pied du sapin cette année. Une polémique vient entacher la commercialisation du jouet hongkongais : elle serait une espionne. La poupée, qui interagit avec l’enfant via une connexion bluetooth, réunirait des informations sur vous à votre insu, ce qui lui vaut d’être sous le feu des projecteurs depuis le 6 décembre dernier. 

Genesis Toys est l’entreprise hongkongaise à l’origine de la fabrication de Mon amie Cayla. La poupée, qui est équipée d’un micro, parle et interagit avec l’enfant grâce à une application installée sur smartphone ou tablette, la connexion entre les deux appareils se faisant par bluetooth. Mais il semble que le jouet connecté s’accommode mal du principe de vie privée, puisque depuis le 6 décembre il est accusé d’espionner les consommateurs et de divulguer des informations à des partis tiers.

Une espionne au pied du sapin

Une fois le microphone allumé, Mon amie Cayla a le champ libre pour mener à bien sa collecte d’informations, avant de les retransmettre sous forme de codes à des tierces personnes. Et ceci est loin d’être le seul inconvénient, puisque la poupée réagit à une simple connexion bluetooth depuis un appareil mobile. Une connexion relativement simple à pirater pour n’importe qui, se trouvant dans un rayon de 20 à 80 m. Des inconnus seraient alors susceptibles de parler aux enfants et/ou d’intercepter des conversations privées.

Mon amie Cayla n’est pas la seule concernée par cette affaire d’espionnage. I-Que, un robot intelligent connecté, est lui aussi dans le collimateur de plusieurs associations américaines et européennes, qui ont relevé cette faille de sécurité et décidé de porter l’affaire devant les autorités.

« Cette plainte concerne les jouets espions. […] ces jouets enregistrent et récoltent les conversations privées d’enfants sans aucune limitation concernant la collecte, l’enregistrement, l’utilisation ou la diffusion de ces informations personnelles. Les jouets soumettent les enfants à une surveillance dans les foyers américains, sans aucune close de protection de données. Ils sont une menace à la sécurité des enfants. » 

Quid des données collectées ?

©Myfriendcayla.fr

Genesis Toys a comme qui dirait fait l’impasse sur quelques unes des chartes sur la protection des données informatiques. Après une enquête menée par un organisme norvégien, il semblerait que les données collectées auprès des enfants soient transmises à l’entreprise américaine Nuance Communications (spécialisée dans la technologie de reconnaissance vocale), afin de mieux cibler les goûts des consommateurs.

Mis au pied du mur, Nuance Communications a répondu aux attaques via un post publié sur le blog de l’entreprise. Dans ce post, la société se dédouane de toutes les accusations, en affirmant prendre la sécurité des données de ses consommateurs très au sérieux, tout en niant leur revente pour des besoins commerciaux. Genesis Toys n’a pas fait de commentaires suite à l’affaire qui, selon les dires de Finn Myrstad (responsable de la section Services numériques au Conseil norvégien des consommateurs), aurait déjà fait l’objet d’un signalement il y a près de deux ans.

Cette affaire, qui soulève la question de la sécurité des appareils connectés au sein du foyer, n’est pas un cas isolé et risque de connaître des récidives.

*Image à la Une : capture d’écran Youtube

Alyo

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