Rentrée littéraire : Les deux pigeons

Professeur de littérature et écrivain, Alexandre Postel signe son 3ème roman avec « Les deux pigeons ». Après « Un homme effacé » (Prix Goncourt du premier roman 2013) et « L’ascendant », romans sombres, l’écrivain s’intéresse avec ce 3ème roman au couple moderne.

Crédit photo : Gallimard
Crédit photo : Gallimard

Le résumé

Comme les pigeons de la fable, Théodore et Dorothée s’aiment d’un amour tendre. Cela ne les empêche pas de s’interroger : comment se divertir ? Se nourrir ? Que faire de ces deux corps ? A quoi se consacrer ? Faut-il « fonder une famille », travailler, « s’indigner » ? Comment font les autres ? Autant de questions qui surgissent au fil de cette odyssée des manières de vivre.

Roman d’un couple d’aujourd’hui, Les deux pigeons est aussi une peinture de la société française des années 2000 et de la génération qui arrive à l’âge adulte. Génération pigeonnée, souvent dénigrée pour son manque de flamme, dont le portrait est ici électrisé par une ironie oblique qui rend les personnages à la fois comiques et formidablement attachants.

Quitter un foyer pour en construire un nouveau

Théodore et Dorothée viennent de s’installer ensemble à Paris. A deux, dans un petit appartement, ils se questionnent. Comment se nourrir ? Les chips et les petits LU ne durent qu’un temps … Manger équitable alors ! Oui mais quand on ne sait pas cuisiner, on fait comment ? Et habiter à deux, c’est un risque non ?

Dès les premières pages, Alexandre Postel donne le ton de ce roman.

« Ses jambes vacillaient, il dut s’adosser au chambranle de la porte. Alors il entendit dans l’escalier le pas de Dorothée ; elle portait un carton de livres ; il la vit arriver, essoufflée, souriante, le regard animé, une mèche de cheveux collée au front : elle ne lui avait jamais paru si belle ni si heureuse. Il respirait de nouveaux. Elle n’avait pas de doutes elle. C’était son avis qui comptait désormais, pas celui de sa vieille mère ; et il était bien content d’avoir en quelque sorte quitté l’une pour l’autre. »

Mais les autres ils font comment ?

En visite chez leurs amis Adèle et Alexis, ils se posent la question.  Contrairement à leurs amis, ils n’ont pas encore de désirs d’enfants. Et vivre à Paris est-ce vraiment indispensable ? Trois ans déjà qu’ils ne sont pas sortis au théâtre. Quant aux films, ils les regardent sur leur ordinateur. En somme, ils ne profitent pas de la vie parisienne.

A quel moment décide-t-on de faire évoluer son couple ? Est-il nécessaire de se marier pour se lier ? D’avoir des enfants pour se rapprocher ?

« Adèle et Alexis leur semblaient à bien des égards, avoir atteint un stade plus avancé dans l’évolution de leur couple.

Ils avaient un enfant, ils étaient propriétaires de leur logement, bref, ils étaient installés, et cette installation, loin de se réduire à ses aspects matériels, se manifestait avant tout par une atmosphère de confiance, de quiétude et de stabilité qui provoquait l’admiration de Théodore et Dorothée. »

Ce qu’on retient

Roman ancré dans son temps, Les deux pigeons voit naître les désillusions, les envies, l’espoir, les rires de ce couple qui avance avec de nouveaux codes, opposés à ceux que leurs parents et grands-parents ont pu connaitre. Serait-ce donc ça grandir ?

Par Lola Leger

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