Donald Jr Trump : retour sur sa première semaine de présidence

Donald Trump président, on en rigolait encore il y a 18 mois, alors qu’il descendait de sa Trump Tower sur un escalator. Avec un passé de star du show-biz, le magnat de l’immobilier a toujours été en quête de célébrité. La Maison Blanche, ultime consécration.

trump

Mais alors que le monde admet enfin ce que le peuple américain a choisi, Donald Trump apparaît moins sûr de lui, et abandonne ses mesures phares scandées lors de sa campagne.

« Lock her up ! » / « Enfermez-la ! »*

Première mesure phare abandonnée pas moins de deux heures après que les résultats tombent, dans son discours de victoire, alors que le monde attendait un Trump triomphant. Il se rend plus présidentiel, très humble et modeste, il reconnaît la combativité de sa concurrente Hillary Clinton. Deux semaines plus tôt, lors du dernier débat présidentiel, il pestait contre la candidate démocrate et promettait de désigner un procureur qui n’aura comme seul tâche d’enquêter sur ses e-mails et de l’envoyer en prison. À présent élu, son seul objectif « d’abord recréer de l’emploi ».

« Donald J Trump is calling for a complete shutdown of muslims entering the US until the country has figured out what the hell is going on ! » / « Donald J Trump appelle à une interdiction complète d’entrée de tous les musulmans sur le territoire américain jusqu’à ce que le pays trouve un moyen de s’en occuper »*

Largement médiatisée, cette mesure Ô combien controversée a pollué – sur le plan médiatique- la campagne de l’ex star de The Apprentice. Comparé aux mesures prises par Hitler en 1933 contre les juifs, la proposition a même contraint plusieurs élus républicains à se désavouer. Finalement, même si la mesure est restée sur son site jusqu’au 8 novembre, le président élu l’a bannie.

« A woman who aborts has to have some kind of punishment » / « Une femme qui a recours à un avortement devrait subir une punition de quelque sorte »*

Un pas en arrière, alors que l’IVG est actuellement autorisée dans tous les Etats américains, certains, comme le Texas éditent des lois rendant compliqué voire impossible pour une femme d’avorter. En émettant cette proposition, le nouveau président a gagné les faveurs des républicains les plus radicaux qui font aujourd’hui parti de son cabinet.

Des conseillers radicaux, membres de l’establishment

Crédits: Gage Skidmore pour Créative Commons
Crédits: Gage Skidmore pour Créative Commons

Lorsque Donald Trump reçoit la nomination républicaine, il n’oublie pas de critiquer l’establishment, cette caste politique inchangée qui ne le soutient pas alors en juillet 2016. L’annonce de ses proches conseillers était alors très attendue, et dimanche 13 novembre, alors que la France commémorait les attentats meurtriers de l’an passé, le président nouvellement élu nomme Reince Priebus , chef du parti national républicain et donc membre de l’establishment comme chef de cabinet, un poste important surtout quand le candidat républicain a fait preuve de son inexpérience ces derniers jours. Stephen Bannon – directeur du média ultraconservateur Breitbart news – devient lui le chef de la stratégie du président républicain. Sans oublier Mike Pence pour qui l’avortement est un crime, « un assassinat » et le mariage homosexuel une abomination.

Une Cour Suprême « pro-life »

Le bâtiment de la Cour Suprême Creative Commons
Le bâtiment de la Cour Suprême
Creative Commons

Dans une interview exclusive accordée à l’émission 60 minutes, le nouveau président a affirmé « je suis pro-life [contre l’avortement], la cour suprême sera donc pro-life ». Aux États-Unis le système judicaire est composé d’une cour suprême qui a la charge d’orienter les lois du pays, au sein de la cour suprême, ils sont neuf. Un des juges ayant récemment quitté son siège, il y a donc une place vacante et c’est au président d’y placer un magistrat. Seul le congrès (composé de la chambre des représentants et du Sénat) a le pouvoir de contrer l’avis du président, mais alors que Donald Trump remportait l’élection présidentielle, le Grand Old Party remportait les élections sénatoriales. Appuyé par le Congrès, il ne semble y avoir aucun frein pour stopper une législation.

Manifestations anti-Trump

Dès le lendemain de l’élection présidentielle que vous avez pu suivre en France, des millions d’américains ont protesté, certains en tentant d’émigrer vers le Canada, d’autres en descendant dans les rues de New York, Los Angeles, Erie en Pennsylvanie ou encore à Dayton dans l’Ohio. À la suite de violences rares et de nuits agitées les premiers jours : à Los Angeles, pas mois de 200 personnes ont été arrêtées.  Mais après l’annonce de ses proches conseillers le dimanche 13 novembre, les manifestants se sont fait moins nombreux. Les américains tentent tant bien que mal d’accepter le scrutin et se tournent vers des moyens plus pacifistes pour témoigner de leur amertume, comme à New York où les habitants sont invités à coller des post-it remplis de message d’amour dans les grandes stations de métro. Dans le reste du monde en revanche, les populations retiennent leur souffle. En France, un comité à décider d’agir et organise ce samedi 19 novembre une marche anti-Trump à Paris.

« C’est de la démagogie et je ferais tout ce qui en mon pouvoir pour m’y opposer »

Bernie Sanders lors d'un meeting. Creative Commons
Bernie Sanders lors d’un meeting. Creative Commons

Habituellement si enclin à prendre la parole, le parti démocrate a attendu le discours d’Hillary Clinton au lendemain de ce 8 novembre 2016 et n’a pas ajouté de commentaires. Barack Obama, a lui suivi la ligne du parti et accepté le résultat en appuyant sur le besoin vital d’une transition qui se déroule dans les meilleures conditions. À la surprise générale, il n’est pas du tout revenu sur les phrases controversées de son successeur. Seul contre tous, une fois de plus, Bernie Sanders, le socialiste américain a d’abord proposé son aide au nouveau président à la condition qu’il aide réellement les classes moyennes et les plus pauvres. Puis, il a fait part de sa tristesse, ajoutant que Donald Trump avait « exploité la colère de la classe moyenne » tout en assurant qu’il défendrait toujours les minorités et ne laisserait pas le president elect légiférer des mesures contraires au premier amendement qui garantit la liberté de religion et la liberté de la presse.

Jamila Chafii

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